Enslaved: Odyssey to the West

Enslaved: Odyssey to the West - Test PC

Voir débarquer un jeu à gros budget ne surfant pas sur la vague d’une licence connue, c’est suffisamment rare pour être signalé. Quand le résultat a en plus de grandes qualités, cela mérite qu’on s’y attarde.

Dans la jungle, terrible jungle

(Très) librement inspiré, à la manière d’un Dragon Ball, du conte chinois « Le voyage vers l’Ouest« , Enslaved nous plonge dans un futur post-post-apocalyptique où l’humanité a pratiquement disparue. Point de déserts ni de mutants ayant de sérieux problèmes d’hygiène corporelle ici mais plutôt des ruines de notre époque dans lesquelles la nature a repris ses droits. Pas que la nature toutefois puisque de dangereux robots règnent sur cette ère nouvelle, terrorisant les rares communautés de survivants éparpillées ça et là. C’est aux commandes de Monkey que vous découvrirez ce nouvel univers fait de dangers, et il s’avère que les choses commencent mal pour lui puisqu’il vient de justesse d’échapper au crash d’un vaisseau sur ce que l’on devine comme étant les restes de New-York. Pas de bol, le répit est de courte durée puisqu’au réveil, Trip, une autre rescapée, l’a équipé bien malgré lui d’une couronne l’obligeant à lui obéir et à la protéger sous peine de finir en cadavre inutile. Ce n’est pas que Trip soit particulièrement mauvaise, mais elle a rapidement vu en ce gaillard aussi agile que musclé un solide allié susceptible de l’aider à retrouver sa famille.

Enslaved: Odyssey to the West

Vous avez vraiment la belle survie

C’est ainsi que commence le voyage à travers le monde dévasté d’Enslaved. Tantôt beat ’em all, tantôt simulateur de grimpette, il vous entraînera à travers des environnements ponctués de combats contre des mechas vindicatifs. Alors, si vous êtes à la recherche d’un jeu de castagne hyper technique bourré de combos, d’armes et d’ennemis différents comme DMC: Devil May Cry du même studio, vous serez probablement déçus. Pas de liste à rallonge de combinaisons de boutons à débloquer ici, les bastons se limitent à quelques attaques simples, un bouclier, une esquive et une arme à distance. Ce n’est pas tellement un soucis de toute manière, ces phases étant finalement assez rares. Dans Enslaved, on ne se bat finalement pas tant que ça.

Enslaved: Odyssey to the West

Les cahiers du bourlingueur du futur

Mais qu’est-ce qu’on y fait alors ? Eh bien, on voyage. On découvre le monde qui nous entoure, on fait face aux obstacles qui surviennent et on assiste à la relation se nouant peu à peu entre les deux héros. Monkey a beau avoir l’air d’une brute épaisse, il se découvre rapidement protecteur envers cette demoiselle qui ne cherche qu’à survivre par tous les moyens à ces terres hostiles. Savamment rythmé, Enslaved enchaîne les phases d’explorations et d’action avec régulièrement des sections très verticales qui obligent à escalader et sauter de prise en prise à la manière d’une Lara Croft sous stéroïdes. Là encore, le jeu ne fait pas dans la précision et l’exigence, il est pratiquement impossible de rater un saut et tout cela est très dirigiste, mais les séquences sont suffisamment courtes et variées pour que leurs limites ne deviennent pas gênantes. Cerise sur le gâteau, Enslaved ne nous impose pas d’indigents QTE et ses cut-scenes apparaissent en quantité mesurée et sont de longueur raisonnable, installant une ambiance sans trop casser l’action.

Enslaved: Odyssey to the West

Et les défauts alors ?

Bien évidemment, le soft de Ninja Theory n’est pas parfait avec pour commencer une caméra bien trop proche du héros et n’offrant pas toujours une bonne visibilité lors des combats. Plutôt jolis dans l’ensemble, les décors accusent quant à eux tout de même un certain âge avec quelques modélisations malheureuses et des textures crades. On notera également quelques bugs, allant de l’énervant lorsque le héros refuse se sauter vers une certaine prise au franchement lourd lorsque Trip tombe soudain à travers le décor pour une chute infinie dans le néant de la matrice. Trip, qui représente également pour moi un point noir du jeu : passant au départ pour un personnage indépendant et courageux, elle se rapproche rapidement plutôt de la dernière des princesses de jeu vidéo des années 80-90. Hurlant pour être secourue dès qu’un ennemi l’approche, exigeant régulièrement d’être portée et assistée pour franchir des obstacles, elle n’enchantera guère les féministes qui y verront une image de la femme dépendante d’un homme grand et fort. Mais tout cela n’est heureusement que peu de choses à côté des qualités du titre.

Enslaved: Odyssey to the West

Conclusion :

Mélanges de genres, basés autant sur l'action que sur la relation entre ses personnages, Enslaved est extrêmement plaisant à parcourir. Pas très exigeant dans ses phases d'action au final assez simples, il compense son manque de profondeur par un rythme bien dosé et des situations variées permettant d'oublier presque totalement que l'on ne se trouve pas face à un grand beat 'em all à la Devil May Cry ou Bayonetta.

Note :

8/10

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