Chariot - Test PC

Chariot - Test PC

Quand vient le temps du dernier souffle d’un monarque, chaque civilisation a sa petite idée quant à la meilleure manière d’honorer sa dépouille. Certain préfèrent le grand air et le souffle grisant d’un drakkar lâché en flammes à la dérive, d’autres ne jurent que pas le confort cinq étoiles d’une bonne vieille pyramide avec vue sur le Nil. Dans Chariot, c’est dans les profondeur d’une mine que nos deux héros du jour vont devoir trainer (littéralement) leur défunt roi, si possible en récoltant au passage un maximum de pièces d’or, rubis et autres richesses indispensable à toute dernière demeure digne de ce nom.

Sa Majesté des Roues

Plus qu’un simple élément de scénario, on se retrouve ici face à la principale originalité de ce jeu qui porte très bien son nom : le joueur (ou deux joueurs en coopération) devra à tout moment garder à proximité le cercueil de feu sa majesté équipé pour l’occasion d’énormes roues lui permettant d’évoluer indifféremment à l’envers comme à l’endroit tout en étant capable d’encaisser les pires traitements sans broncher. Pour ce faire, l’on dispose d’une corde très pratique s’accrochant aisément à la King-Mobile pour la tirer, mais également hisser, voir à l’occasion s’y suspendre.

Chariot - Test PC

Pari gagné pour Chariot car cette mécanique se révèle rapidement agréable et intuitive. Bondir d’une plateforme à l’autre en rattrapant l’objet à la volée pour le tirer, s’en servir pour gagner de la hauteur puis le rattraper à la volée devient instinctif. Plutôt fluide, le procédé ne ralentit pas le joueur au delà du raisonnable qui parcourt les niveaux avec presque autant d’aisance que s’il n’avait pas son boulet à trainer.

Chariot - Test PC

Côté réalisation, le titre s’en tire plutôt bien avec un graphisme propre (malgré un chara-design assez particulier) et un doublage réussi. Rien de bien fou-fou ni côté technique, ni côté artistique, mais on évite à la fois la 3d-moche et le Pixel-art raté, ce qui est déjà un très bon point. Bref, tout cela serait bel et bon si l’on ne s’emmerdait pas comme un rat mort au bout d’une demi-heure de jeu.

Retour chariot

Oui,  car comme beaucoup d’indés, les développeurs de Chariot ont eu une idée plutôt bonne qui dans son concept marche assez bien, sauf qu’une fois cette tâche accomplie, il reste encore à occuper le joueur.  Et c’est là que le tableau est déjà nettement moins reluisant. Extrêmement convenu et imposant un rythme d’avancée plutôt mou, le level-design révèle bien vite ses faiblesses. Manquant singulièrement de folie, on se retrouve bien trop souvent à progresser lentement de plate-forme en plate-forme, ne rêvant que de dévaler à toute vitesse une pente debout sur son cercueil sur roues, moments qui arrivent de temps à autres mais beaucoup trop rarement pour constituer un équilibre entre phases de fun et obstacles nécessitant de prendre son temps.

Chariot - Test PC

Pire, les couloirs sont bourrés d’embranchements permettant de récupérer quelques bonus et pièces d’or que le joueur atteint de complétionite aiguë ne pourra s’empêcher de fond en comble pour une récompense au final bien légère, étirant la durée des niveaux au-delà de la demi-heure. Soyez-prévenus, il faudra pour une partie de Chariot vous dégager suffisamment de temps libre pour parvenir (littéralement) au bout du tunnel. On citera également une difficulté qui, parfois, sanctionnera une erreur par un retour forcé au dernier checkpoint souvent bien éloigné. Impossible en effet de continuer à avancer sans son précieux fardeaux, qui après un couac peut vite se retrouver hors de portée et irrécupérable, sans autre option que le respawn.

Chariot - Test PC

Terminons avec la présence dans chaque niveau de bonus accessibles uniquement en coopération qui m’a profondément agacé. Si l’intention de proposer des challenges spécialement conçus pour un binôme de joueurs est louable, quel est donc l’intérêt de inclure lors des parties solo, narguant le loup solitaire qui peu importe le temps passé à fouiller chaque recoin de chaque niveau restera frustré ?

Conclusion :

Avenant au premier abord, plutôt bien réalisé et proposant une idée de gameplay originale et réussie, Chariot laisse rapidement un goût amer d'autant plus navrant que le potentiel pour un bon petit jeu était là. Plus fastidieux qu'amusant, il impose des niveaux longs, très longs, au level-design manquant cruellement de folie faisant en sorte que la principale difficulté soit de rester éveillé jusqu'au bout. À conseiller éventuellement comme alternatives aux benzodiazépines.

Site officiel

Note :

6/10

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *