Lichdom: Battlemage

Lichdom: Battlemage - Test PC

Quels sont les ingrédients d’un bon jeu vidéo ? Un concept original ? Des idées de gameplay intéressantes ? Une réalisation de haut vol ? Une narration soignée ? Les avis divergent  et donnent régulièrement lieu à des débats enragés finissant parfois par l’évocation d’un célèbre peintre moustachu. Ce qui est certain, c’est que certaines productions peuvent réunir tous ces éléments et pourtant, contre toute attente, décevoir.

First-Person Caster

Et pourtant, les premiers pas dans Lichdom: Battlemage sont enchanteurs et laissent entrevoir des heures de plaisir vidéo-ludique. Pensez-donc, ce n’est pas souvent que l’on nous donne à parcourir des environnements magnifiques dans la peau d’un mage surpuissant se déchaînant, une fois n’est pas coutume, en plein milieu des lignes ennemies. Fortement orienté action, Lichdom: Battlemage mélange avec une certaine habileté FPS, jeu de rôle et hack ‘n slash pour un résultat assurément détonnant. Réalisé sous CryEngine, le jeu caresse la rétine dans le sens des bâtonnets et se révèle assez impressionnant tant dans ses débauches d’effets magiques en tous genres que dans le soin apporté à ses décors et personnages. Équipé de ses pouvoirs tous neufs offerts par un mystérieux personnage, votre héros (ou héroïne) animé par un désir de vengeance personnelle partira en croisade seul contre des armées de morts-vivants et autres membres de culte obscur tout en devenant de plus en plus puissant.

Lichdom: Battlemage

Normalement, là, vous devriez commencer mouiller votre slibard comme une pucelle devant son premier Twilight (insérez ici une référence plus récente si vous le souhaitez) tout en titillant nerveusement votre carte-bleue. Et force est de constater que la découverte des premiers instants est agréable et prometteuse. Lors d’un tutorial relativement court, vous apprendrez à utiliser les différents éléments à votre disposition (feu, glace, mais également certains plus originaux comme phase ou nécromancie) pour lancer une attaque simple, une attaque de zone surpuissante ou une contre-attaque dévastatrice en déclenchant votre bouclier au bon moment. Chaque sort peut-être chargé pour un coup critique assuré et congeler un ennemi avant de l’éclater en morceau d’une boule de feu bien ajustée n’est pas sans provoquer son étincelle de satisfaction. Dynamiques, les combats de Lichdom: Battlemage obligent à rester mobile tout en utilisant intelligemment différentes capacités pour par exemple paralyser temporairement un adversaire particulièrement robuste le temps de s’occuper d’archers vicelards planqués à distance. Les sensations de puissance sont bonnes, une téléportation rapide permet traverser rapidement le champ de bataille vers des zones moins dangereuses et il faudra en permanence rester alerte afin de ne pas se faire prendre par surprise. Pas question ici de balancer tranquillement ses sorts tandis qu’un couillon de guerrier prend les coups dans la mêlée.

Alors, je l’achète ???

Holà, pas si vite malheureux. Déjà quand on est poli on me laisse finir. Ensuite, le soft montre malheureusement assez vite ses limites et mène à relativiser ses qualités réelles. Très plaisant pendant le premier quart-d’heure, il tourne rapidement au gentiment répétitif pour finalement se transformer en mobs basher proche d’un Diablo bas de gamme. Certes,  Lichdom: Battlemage met à votre disposition une jolie palette de familles de sorts, mais vous ne pourrez jamais en utiliser que trois à la fois. Chaque « banque » ne donnant accès qu’à trois attaques dont la plupart ne sont utiles que contre un gros groupe d’ennemis, on finit rapidement par trouver le combo de deux-trois sorts qui fonctionnent bien (dont un pour affaiblir et un autre pour faire du dégât). Et la construction de la campagne solo n’aide en rien :  succession d’arènes parfois interminables dans lesquelles popent une série d’ennemis, elle ne fait que renforcer l’impression de potentiel complètement gâché par l’utilisation à outrance d’idées paresseuses pour tenter de tenir en haleine le joueur. Certes, les décors sont très beaux, mais à part trouver quelques bonus planqués ici et là, il n’y a rien a y faire. Pourtant variés, les niveaux sont de plus extrêmement longs et l’on aura régulièrement l’impression de ne jamais en voir le bout. On notera également une difficulté mal calibrée  à cause une majorité d’adversaires insignifiants sous réserve d’être équipé de sorts puissants et une poignée de mini-boss pouvant anéantir un quart-d’heure de progression en trois attaque, voir même une seule.

Lichdom: Battlemage

Pimp my Spell

Il est temps d’en venir à la partie gestion, très certainement le gros morceau de Lichdom: Battlemage. Le loot se présente ici sous la forme de morceaux de sorts à assembler. Prenez un élément (le feu, la glace, votre bouclier…), ajoutez-lui une forme (boule à lancer, rayon, attaque de zone)  puis quelques améliorations pour le rendre plus puissant et modifier ses effets et vous obtenez une attaque toute neuve à équiper. Chacun de ces éléments peut être upgradé en le fusionnant avec d’autres et les possibilités sont assez riches. Riches, mais pas forcément palpitantes pour autant. À moins que vous ne soyez un fanatique du minimaxage, passer des heures à comparer des statistiques dans une interface pas terrible pour savoir s’il vaut mieux avoir +40 de dégâts, +15% de vitesse de lancé ou +20% de chances de coup critiquer n’est pas bien folichon, d’autant plus que les combats ne s’en trouvent pas transformés pour autant. Vous ferez juste un peu plus mal avec toujours les deux mêmes sorts.

Lichdom: Battlemage

Profitons-en pour aborder un autre point problématique; l’inutile complexité apparente du système de jeu. Extrêmement obscur à première vue, l’ensemble des possibilités risque fort de noyer le débutant et ce ne sont pas les courts tutorials vidéos (on aurait préféré des textes explicatifs bien détaillés) qui viennent à la rescousse. Comprendre à quoi correspondent de nombreux concepts (maîtrise, contrôle, overkill, synergies…) nécessitera un petit tour sur les forums et wikis pour bien en saisir toutes les subtilités et éviter de faire n’importe quoi. Depuis le lancement du jeu, un nouvel écran de gestion simplifiée a heureusement fait son apparition et permet au jeu de gérer automatiquement l’upgrade des sorts en ne faisant que quelques choix. Cela est bienvenu, mais un entre-deux aurait été préférable afin de ne pas perdre toute notion de personnalisation de son build.

Lichdom: Battlemage

On regrettera également l’absence de composante jeu de rôle au-delà de cette gestion qui aurait rendu plus gratifiant le massacre d’ennemis à la chaine. Le héros de Lichdom: Battlemage n’accumule aucune expérience et ses statistiques dépendent uniquement de ses sorts équipés. Seule progression en dehors du loot : chaque élément peut monter en niveau, débloquant des buffs passifs risibles.

Conclusion :

Terrible gâchis, Lichdom: Battlemage laisse sur le bord de la route un énorme potentiel. Partant d'une idée originale et soutenu par une réalisation technique solide, il brille au final surtout dans l'art de la répétitivité. Construit comme une suite d'arènes, au final très pauvre dans son système de combats trop peu abouti pour justifier des heures de massacre de mobs à la chaîne, il ne satisfera pleinement que les obsédés du loot et de la recherche du bonus de statistiques qui fera la différence.

Site officiel

Note :

6/10

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