Castlevania: Lords of Shadow - Mirror of Fate HD

Castlevania: Lords of Shadow – Mirror of Fate HD - Test PC

Nous vivons une époque formidable : alors qu’il y a quelques années, seules les consoles portables et consoles de salon obsolète avaient droit aux déclinaisons sous-traitées par d’obscures studios inconnus de licences à gros budget, la magie des version « HD » permet enfin de profiter de ces dernières sur sa PS4 flambant neuve ou son PC avec octocore et GTX Titan. À nous les Assassin’s Creed Rogue, Resident Evil Revelations et autres Final Fantasy type 0 up-scalés juste ce qu’il faut pour prévenir les saignements oculaires. Non, vraiment, on vit une époque formidable.

Titre

Drôle d’animal que ce Castlevania: Lords of Shadow – Mirror of Fate HD (respirez ici). Connue principalement pour ses sidescrollers hardcore de l’époque 8 et 16 bits puis pour son habile mélange d’action et de jeu de rôle mâtiné d’une couche d’exploration avec Symphony of the Night ayant connu de nombreuses suites spirituelles sur consoles portables, la série n’avait eu que des rapports houleux avec la 3d jusqu’à ce que son crû de 2010 ne change la donne. Abandonnant plus ou moins tout son héritage en passant dans les mains d’une équipe occidentale, cet épisode plus proche d’un beat’em all à la God of War a trouvé un certain succès d’estime malgré de sérieux soucis de caméra et certains manquements dans le système de combats qui m’ont définitivement dégouté du jeu au bout d’une paire d’heures.

Castlevania: Lords of Shadow - Mirror of Fate HD

Venons-en maintenant à celui qui nous intéresse. Mirror of Fate est donc l’adaptation mobile sur 3DS de l’adaptation sur consoles de salon modernes de la vielles série 2D. Les développeurs n’ayant heureusement pas pris le risque de tenter la copie conforme, on se retrouve face à mix inhabituel d’action-plateforme 2,5D avec de l’exploration et du leveling ultra-light et surtout de la baston bien bourrine riche en combos et mouvements spéciaux. Du beat’em all 3D en 2D en somme.

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Alors, que donne un portage « HD » d’un jeu 3DS ? Eh bien, globalement un jeu Playstation 2 retouché juste ce qu’il faut pour ne pas atteindre le dernier degré de la honte sur un moniteur de bureau. Il serait sérieusement temps que les éditeurs se rendent compte que coller un « HD » dans un titre ne suffit pas à transformer n’importe quelle production en ce à quoi l’on est en droit de s’attendre sur une console de salon moderne ou un ordinateur. Tout juste regardable la plupart du temps, Castlevania: Lords of Shadow – Mirror of Fate HD devient tout simplement hideux au moindre zoom sur l’action. Entre les modèles 3D découpés à la truelle et les textures baveuses, il fait bien peine à voir et l’on regrettera d’autant plus les bons vieux épisodes 2D d’antan. Bénéficiant de décors génériques aux teintes tristes et d’un chara-design oscillant entre le grotesque et l’emo-super déformé, le jeu n’est pas non plus sauvé par sa direction artistique tandis que les cut-scene passant par moments en cell-shading sans que l’on comprenne trop pourquoi font hésiter entre le rire et les pleurs. Bien évidemment, le moteur se permet ramer copieusement par moments, passant d’un 60 images/seconde stable à du 20-25 sans qu’aucun élément à l’écran ne justifie cette baisse.

Castlevania: Lords of Shadow - Mirror of Fate HD

Rigidité cadavérique

Venons-en maintenant au gameplay. Ici, le bilan est plus nuancé. Le système de combats ne fonctionne pas trop mal, offrant une belle palette de coups à déchaîner sur des ennemis plutôt résistant qui font souvent très mal. La plupart des codes du beat’em all moderne s’y trouvent : attaques normales, attaques en arc de cercle, garde ouvrant une contre-attaque si exécutée avec le bon timing, esquives… Les armes secondaires chères à la série sont bien entendu de la partie bien qu’à mon sens un peu faiblardes et trop peu précises pour avoir une réelle utilité. On notera également quelques pouvoirs magiques générant un bonus passifs pouvant s’avérer salvateur dans certaines situations.

Castlevania: Lords of Shadow - Mirror of Fate HD

Il en va malheureusement tout autrement des – trop nombreuses – phases de plateformes imposées au joueur. Raide, mou, plutôt lent, imposant de stopper tout mouvement pour exécuter certaines actions, l’ensemble porte presque les premiers épisodes de la saga en modèles de fluidité et de réactivité. Tout dans Castlevania: Lords of Shadow – Mirror of Fate HD donne l’impression de manœuvrer un semi-remorque ayant de sérieuses difficultés à se mettre en marche. Peu intuitif, le système de grappin ne permet pas d’utiliser la touche « saut » pour se décrocher en plein balancement et se révèle extrêmement désagréable. Dommage car il aurait probablement suffit de quelques ajustements pour rendre les phases de grimpette plus dynamiques et intéressantes.

Le prix de la modernité

Lorgnant plus du côté des consoles newgen que des portables et leur orientation très simple et directe pour des parties rapides, Castlevania: Lords of Shadow – Mirror of Fate HD ne nous épargne aucun des écueils actuellement à la mode dans tout jeu d’action qui se respecte. On aura bien entendu droit à quelques combats de boss sous forme de QTE aussi inutiles que frustrant et à une touche déclenchant un finish-move laborieux pour achever les ennemis. Ponctuée de scènes cinématiques soporifiques, l’intrigue s’encombre d’un scénario n’apportant strictement rien à l’ensemble tandis que chaque nouvel ennemi, événement ou mécanisme déclenché a droit à son petit traveling de caméra cassant l’action pour que le joueur, cet idiot congénital, comprenne bien que le levier qu’il vient d’actionner ouvre la porte aperçue 20 mètres plus loin.

Castlevania: Lords of Shadow - Mirror of Fate HD

Découpée en trois actes, Castlevania: Lords of Shadow – Mirror of Fate HD permet d’incarner tour à tour trois héros différents. On cherchera là encore l’intérêt de la chose, chacun d’entre eux ayant à une ou deux exceptions près strictement les mêmes coups, mouvements et capacités. Ne se démarquant que par leurs armes secondaires et leurs magies passives, ils ne sont au final que des skins interchangeables au gabarit semblable, prétexte à des twists de narration d’une pertinence douteuse. Quant au système de progression des protagonistes, il se limite au déblocage linéaire d’une nouvelle attaque tous les niveaux. Tout simplement triste lorsque l’on a connu la richesse d’un Symphony of the Night.

Un Belmont averti en vaut deux

Alors, au bûcher ce Castlevania ? Eh bien curieusement, malgré le fait qu’il piétine allègrement tous les codes de la série, je ne me suis pas ennuyé en jouant. Il ne reste pas grand-chose de l’héritage des premiers sidescrollers hardcores ou des action-RPG riches en exploration ayant marqué les joueurs et pourtant, lorsqu’il ne se perd pas dans des enchaînements horripilants de plateformes à la maniabilité approximative, il distille juste ce qu’il d’action bien sentie pour maintenir le joueur éveillé jusqu’à son dénouement nanaresque. Au niveau des points positifs, on citera également un nombre importants de secrets divers à récolter poussant à parcourir méticuleusement des environnement pourtant relativement linéaires. Très mauvais Castlevania, il reste cependant un jeu d’action 2D honnête, un genre devenu aujourd’hui plutôt rare. On espèrera tout de même que les ayants-droits de la licence vont revenir à leurs esprits et confier celle-ci à un studio apte à nous pondre quelque chose un peu plus dans l’esprit des meilleurs épisodes. Vu les dernières nouvelles du côté de chez Konami, on est malheureusement en droit d’en douter …

Castlevania: Lords of Shadow - Mirror of Fate HD

Conclusion :

Castlevania: Lords of Shadow - Mirror of Fate HD m'a en quelque sorte déçu en bien. Ayant détesté l'épisode PS3/360/PC, je n'en attendais absolument rien et même s'il s'est au final révélé plein de défauts, il a su m'accrocher suffisamment pour en voir le bout. Moche comme un pouls - haha -, pourvu de phases de plateforme molles et d'une intrigue totalement dénuée d'intérêt, il sauve les meubles avec un système de combats qui fonctionne et une construction mi-linéaire mi-exploration rendant la progression plus que tolérable. À consommer sous condition d'être en manque du genre et de savoir à quoi s'attendre.

Note :

7/10

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